Borne de recharge entreprise : obligations, coûts et méthode pour équiper un parking en 2026

Bornes de recharge installées sur les places d'un parking d'entreprise avec des voitures électriques branchées
  • Obligation : depuis le 1er janvier 2025, un bâtiment non résidentiel existant dont le parking dépasse 20 places doit proposer au moins un point de recharge par tranche de 20 places (loi LOM).
  • Budget : en courant alternatif de 7 à 22 kW, prévoir le plus souvent entre 1 200 et 2 500 € HT par point, pose comprise, hors renforcement du raccordement.
  • Aide : le programme Advenir peut prendre en charge une partie de la dépense, à condition de passer par un installateur qualifié IRVE.
  • Méthode : audit électrique, analyse des usages, choix de la puissance, supervision, puis règles d’accès claires pour les utilisateurs.

Installer une borne de recharge en entreprise n’est plus un geste d’image réservé aux sièges sociaux. Pour beaucoup de sites, c’est une obligation réglementaire, et pour tous, c’est une question pratique : vos salariés, vos visiteurs et votre flotte roulent de plus en plus en voiture électrique, et ils ont besoin de recharger là où le véhicule reste stationné le plus longtemps. Le bon projet ne consiste pas à poser le plus de bornes possible, mais à dimensionner la puissance, le nombre de points et la gestion d’accès selon les usages réels du parking. Voici les règles applicables en 2026, les ordres de grandeur de prix et les pièges qui font dérailler les chantiers.

Borne de recharge entreprise : ce que la loi LOM impose aux parkings

La loi d’orientation des mobilités de 2019, dite loi LOM, a transposé en droit français les exigences européennes sur la recharge électrique dans les bâtiments. Ses décrets d’application distinguent deux situations, selon que le bâtiment est neuf ou existant. Le critère déterminant reste la taille du parc de stationnement associé au bâtiment, et non l’effectif de l’entreprise.

Parkings de bâtiments neufs ou rénovés en profondeur

Pour un bâtiment non résidentiel neuf, ou faisant l’objet d’une rénovation importante, doté de plus de 10 places, une partie des emplacements doit être pré-équipée : fourreaux, chemins de câbles et réservation de puissance au tableau, afin de pouvoir poser des bornes plus tard sans tout casser. Une proportion de places doit aussi être directement équipée d’un point de recharge, dont au moins un accessible aux personnes à mobilité réduite. Les pourcentages exacts dépendent de la taille du parking et de la date du permis de construire : c’est au maître d’œuvre de les vérifier dans le Code de la construction et de l’habitation.

Parkings existants de plus de 20 places

C’est la règle qui concerne le plus d’entreprises franciliennes. Depuis le 1er janvier 2025, les bâtiments non résidentiels existants dont le parc de stationnement compte plus de 20 places doivent disposer d’au moins un point de recharge par tranche de 20 places. Un parking de 60 places doit donc offrir au minimum trois points. Les sites qui n’ont pas encore engagé de travaux sont aujourd’hui en situation de retard, ce qui plaide pour lancer l’audit sans attendre plutôt que de chercher une exemption hypothétique.

Si vous êtes locataire de vos bureaux, la répartition des obligations entre bailleur et preneur dépend du bail. Mieux vaut clarifier ce point par écrit avant de signer un devis, car la borne sera raccordée à une installation électrique qui ne vous appartient pas forcément.

Quelle puissance de borne de recharge choisir pour une entreprise ?

La puissance doit suivre le temps de stationnement, pas l’envie de recharger vite. Un salarié qui laisse son véhicule huit heures sur le parking n’a aucun besoin d’une borne rapide : une recharge lente en courant alternatif suffit largement à récupérer l’autonomie consommée par un trajet domicile travail. À l’inverse, un véhicule de service qui enchaîne les tournées ou un parking visiteurs à rotation rapide justifie davantage de puissance.

Usage du parking Puissance conseillée Temps de stationnement typique Remarque
Salariés, journée de travail 7 à 11 kW (AC) 6 à 9 heures Le meilleur rapport coût par point
Visiteurs, clients 11 à 22 kW (AC) 1 à 3 heures Vérifier la compatibilité 22 kW des véhicules
Flotte de service, utilitaires 22 kW AC ou 24 à 50 kW DC Variable, retours entre deux tournées Le courant continu exige souvent un renfort de puissance
Recharge de nuit au dépôt 7 à 11 kW (AC) 10 à 12 heures Pilotage horaire pour profiter des heures creuses

Un point souvent négligé : beaucoup de voitures électriques n’acceptent que 7 ou 11 kW en courant alternatif. Installer partout du 22 kW revient alors à payer une capacité que personne n’utilise. La gestion dynamique de l’énergie, qui répartit la puissance disponible entre les bornes actives, permet d’équiper davantage de places sans augmenter l’abonnement électrique.

Prix d’installation des bornes de recharge en entreprise et aide Advenir

Le coût total se décompose en trois blocs : le matériel, la pose et le raccordement. Le matériel d’une borne murale ou sur pied en courant alternatif représente en général quelques centaines à un peu plus d’un millier d’euros par point. La pose, qui comprend le tirage des câbles, la protection électrique et la mise en service, varie fortement selon la distance au tableau général et la nature du sol (tranchée en extérieur, chemins de câbles en sous-sol). Le raccordement est le poste le plus imprévisible : si la puissance disponible ne suffit pas, il faut demander une augmentation au gestionnaire de réseau, avec un délai et un coût propres.

Pour fixer les idées, un point de recharge AC de 7 à 22 kW coûte le plus souvent entre 1 200 et 2 500 € HT installé, dans un parking déjà correctement alimenté. Une borne rapide en courant continu de 24 à 50 kW se situe plutôt entre 15 000 et 40 000 € HT, génie civil compris. À ces montants s’ajoute un abonnement de supervision, facturé mensuellement par point, qui permet de gérer les badges, les accès et la facturation éventuelle.

Le programme Advenir, porté par l’Avere-France et financé par les certificats d’économies d’énergie, peut alléger cette facture. Il soutient les points de recharge en entreprise, qu’ils soient destinés aux flottes, aux salariés ou à un usage partagé ouvert au public. Les plafonds et les taux évoluent régulièrement : il faut vérifier le barème en vigueur au moment de la demande et, surtout, choisir un installateur labellisé, faute de quoi le dossier sera refusé. La demande se fait en principe avant le démarrage des travaux.

Recharge au bureau ou recharge à domicile des salariés : deux usages à articuler

Équiper le parking ne couvre pas tous les besoins. Les collaborateurs qui disposent d’un véhicule de fonction et rentrent chez eux le soir rechargent souvent à domicile, ce qui pose la question de la prise en charge de la borne et de l’électricité consommée. Plusieurs entreprises financent alors l’installation d’une borne chez le salarié et remboursent les kilowattheures via un compteur dédié ou une borne communicante. Ce schéma suppose une politique écrite, pour éviter toute contestation sur les montants remboursés.

Sur le plan social, la recharge gratuite offerte sur le lieu de travail bénéficie aujourd’hui d’une tolérance qui l’exclut de l’avantage en nature, pour une durée limitée fixée par la doctrine administrative. Les règles concernant la borne installée au domicile du salarié sont plus détaillées. Ces dispositifs évoluent : un point avec votre expert-comptable ou votre service paie reste indispensable avant de diffuser une politique de recharge.

Reste la recharge en itinérance, pour les commerciaux et techniciens qui roulent loin de leur base. Les cartes de recharge professionnelles donnent accès aux réseaux publics et centralisent la facturation. Pour comprendre comment fonctionne concrètement un réseau grand public, notre guide sur la Borne de recharge Plenitude On The Road détaille la localisation des bornes, les moyens de paiement et les bons réflexes pour réussir sa session.

Véhicules électriques en entreprise : dimensionner les bornes selon la flotte réelle

Une flotte n’est jamais homogène. Les voitures de direction, les véhicules de pool et les utilitaires de livraison n’ont ni les mêmes batteries, ni les mêmes horaires, ni les mêmes trajets. Avant de chiffrer le nombre de bornes, il est utile de croiser trois données : le kilométrage quotidien moyen par véhicule, l’heure de retour au site et la durée d’immobilisation. Un utilitaire qui parcourt 80 kilomètres par jour et dort au dépôt se recharge sans difficulté sur une borne de 7 kW la nuit.

La transition ne passe pas forcément par le tout électrique du jour au lendemain. Pour les métiers qui doivent couvrir de longues distances sans infrastructure fiable sur le parcours, un Utilitaire hybride peut constituer une étape intermédiaire, à condition d’avoir des points de recharge au dépôt pour les versions rechargeables. Dans les centres urbains denses du Grand Paris, d’autres entreprises remplacent une partie de leurs tournées par des solutions plus légères : un Vélo cargo électrique se recharge sur une simple prise sécurisée et libère des places de parking pour les véhicules qui en ont réellement besoin.

Pour les flottes importantes, la planification des recharges devient un sujet logistique à part entière. Les outils de Transportation management aident à organiser les tournées en tenant compte de l’autonomie des véhicules, ce qui évite de surdimensionner l’infrastructure pour compenser une mauvaise organisation des départs.

Les étapes d’un projet d’installation de bornes en entreprise

  1. Recenser les besoins : nombre de véhicules électriques actuels et prévus à trois ans, usages salariés, visiteurs et flotte, horaires de présence.
  2. Faire auditer l’installation électrique : puissance souscrite, capacité du tableau général, distance entre le tableau et les places, contraintes du sous-sol ou de la voirie.
  3. Vérifier le cadre juridique : obligations de la loi LOM pour le site, accord du bailleur ou de la copropriété si nécessaire, assurance.
  4. Comparer plusieurs devis d’installateurs qualifiés IRVE : exiger le détail du matériel, de la pose, de la supervision et de la maintenance.
  5. Déposer la demande d’aide : monter le dossier Advenir avant de lancer les travaux.
  6. Installer et mettre en service : contrôle, paramétrage des badges, tests de charge sur plusieurs modèles de véhicules.
  7. Rédiger une charte d’usage : durée maximale de stationnement, rotation, tarification éventuelle, contact en cas de panne.

Côté calendrier, un parking déjà bien alimenté peut être équipé en quelques semaines. Dès qu’une augmentation de puissance auprès du gestionnaire de réseau est nécessaire, il faut compter plusieurs mois, ce qui justifie d’anticiper.

Erreurs fréquentes lors de l’installation de bornes de recharge et conseils

La plupart des déceptions ne viennent pas du matériel, mais de choix faits trop vite. Les écueils qui reviennent le plus souvent :

  • Dimensionner sur le parc actuel uniquement : trois voitures électriques aujourd’hui peuvent devenir quinze dans trois ans. Pré-équiper des places supplémentaires lors du premier chantier coûte bien moins cher que de rouvrir les sols plus tard.
  • Oublier la gestion d’accès : sans badge ni supervision, les bornes sont occupées par les premiers arrivés toute la journée, et l’entreprise ne sait pas qui consomme quoi.
  • Choisir une borne non communicante : elle empêche la répartition dynamique de puissance, le suivi des consommations et le changement d’opérateur de supervision.
  • Négliger la maintenance : une borne en panne pendant trois semaines décourage durablement les utilisateurs. Un contrat avec délai d’intervention garanti vaut la dépense.
  • Ignorer l’accessibilité : au moins un point doit pouvoir être utilisé par une personne à mobilité réduite, avec un emplacement adapté.

Un dernier conseil : impliquez les futurs utilisateurs dès la phase de recensement. Un court questionnaire auprès des salariés révèle souvent des besoins que la direction n’avait pas identifiés, comme des horaires décalés ou des véhicules personnels déjà électriques.

Borne de recharge entreprise : réponses aux situations courantes

Une entreprise locataire de ses bureaux peut-elle faire installer une borne ?

Oui, mais l’accord du propriétaire est en principe nécessaire, car les travaux touchent à l’installation électrique et parfois aux parties communes. Un mécanisme de droit à la prise existe dans certains immeubles collectifs. Le plus prudent est de relire le bail et d’obtenir une autorisation écrite précisant qui garde la borne en fin de contrat.

La recharge offerte aux salariés sur le parking est-elle soumise à cotisations ?

Une tolérance administrative permet actuellement de ne pas traiter la recharge gratuite sur le lieu de travail comme un avantage en nature, pour une période limitée. Les conditions et la date d’échéance doivent être vérifiées auprès de l’Urssaf ou d’un expert-comptable avant de communiquer auprès des équipes.

Peut-on faire payer la recharge aux visiteurs ou aux collaborateurs ?

C’est possible avec une borne supervisée, qui identifie l’utilisateur par badge ou application et applique un tarif au kilowattheure, à la durée ou au forfait. Si les bornes sont ouvertes au public, des règles d’information sur les prix et d’interopérabilité s’appliquent en plus.

Faut-il obligatoirement passer par un installateur qualifié IRVE ?

Pour tout point de recharge d’une puissance supérieure à 3,7 kW, l’intervention d’un professionnel qualifié IRVE est exigée. Cette qualification conditionne aussi l’accès à l’aide Advenir et protège l’entreprise en cas de sinistre lié à l’installation.

Combien de temps faut-il pour équiper un parking d’entreprise ?

Entre l’audit et la mise en service, comptez quelques semaines si la puissance disponible suffit. Lorsque le raccordement doit être renforcé, le délai s’étend souvent à plusieurs mois, selon la charge du gestionnaire de réseau et l’ampleur des travaux.